L’allaitement maternel exclusif est l’un des moyens les plus efficaces de préserver la santé et d’assurer la survie de l’enfant. Au Bénin, l’Etat et toutes les parties prenantes déploient des efforts continuels dans ce sens, cependant des défis demeurent toujours à relever.
L’allaitement maternel est l’un des moyens les plus efficaces d’assurer la santé, le développement et la survie du nourrisson dès les premières étapes de la vie. Il agit comme leur premier vaccin, conférant une protection contre des maladies comme la diarrhée et la pneumonie. Investir dans l’allaitement maternel est un investissement dans l’avenir », a affirmé la déclaration conjointe du Directeur général de l’OMS, le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus et de la Directrice générale de l’UNICEF, Catherine Russell, au cours de la semaine mondiale de l’allaitement en Août 2025.
Dans le monde, seuls 48 % des nourrissons de moins de six mois sont exclusivement allaités, ce qui est bien en deçà de la cible de 60 % à atteindre d’ici 2030 qui a été fixée par l’Assemblée mondiale de la Santé.
« Des millions de mères dans le monde ne reçoivent pas un soutien opportun et par un personnel qualifié dans un établissement de santé, au moment où elles en ont le plus besoin », continue d’affirmer l’OMS. Pour elle, l’allaitement maternel est l’un des moyens les plus efficaces de préserver la santé et d’assurer la survie de l’enfant. L’Allaitement maternel exclusif (AME) est défini comme la pratique consistant à nourrir un nourrisson uniquement avec du lait maternel, sans aucune autre nourriture ou boisson, pendant les six premiers mois de vie.
Importance de l’AME
Les efforts déployés pour améliorer les taux et la durée de l’allaitement maternel partout dans le monde continuent d’être compromis par la commercialisation inappropriée des substituts du lait maternel. Pourtant, l’OMS déclare que le lait maternel est l’aliment idéal pour les nourrissons. L’organisation précise « qu’il est sûr, propre et contient des anticorps qui les protègent de beaucoup de maladies infantiles courantes. Le lait maternel apporte toute l’énergie et les nutriments dont le nourrisson a besoin pendant les six premiers mois de vie, et continue de couvrir la moitié ou plus de ses besoins nutritionnels pendant le second semestre de vie et jusqu’à un tiers de ceux-ci pendant la deuxième année ». Les enfants qui ont été allaités au sein obtiennent de meilleurs résultats aux tests d’intelligence et souffrent plus rarement de surpoids, d’obésité ou de diabète par la suite. En outre, les femmes qui allaitent présentent un risque moins élevé de développer un cancer du sein ou des ovaires.
Au Bénin, la prévalence de l’AME a connu une augmentation significative entre 2011- 2012 et 2022, passant de 33 % à 45 %. (Rapport sur l’état du secteur santé au Bénin 2023). Pour cet indicateur, le Bénin n’a pas atteint l’objectif mondial de 50 % qui suppose que la moitié des nourrissons de moins de 6 mois soient exclusivement allaités au sein, sans aucun autre aliment ou boisson, à l’exception des médicaments si nécessaire. La prévalence de l’allaitement maternel exclusif est légèrement plus élevée chez les filles (46,5 %) que chez les garçons (43,5 %) (MICS 2021- 2022). Les chiffres précisent aussi une différence de 3 % entre les taux d’allaitement maternel exclusif chez les filles et les garçons soit modeste. Une différente qui mérite d’être prise en compte dans les efforts visant à promouvoir des pratiques d’allaitement maternel optimales et égalitaires pour tous les nourrissons.
Pour relever le défi
Les suppléments liquides (eau, tisanes, bouillies et aliments solides) ne sont nullement nécessaires pour assurer l’équilibre hydrique chez les nourrissons de moins de 6 mois allaités exclusivement. Autant d’habitude à décourager au sein des populations en générales et des mères en particulier.
Le contexte socioculturel doit être intégré dans les programmes de sensibilisation afin de mieux répondre aux besoins de tous les enfants. La présence des agents de santé communautaires dans les zones rurales, doit-être davantage renforcée. Dans les zones urbaines, des actions pertinentes et innovantes doivent être prônées, comme adapter des espaces d’allaitements au sein des structures privées, comme étatiques et des lieux publics. Ceci non sans oublier la mise en œuvre du Code international de commercialisation des substituts du lait maternel, afin de limiter l’influence du maketing des laits infantiles.
« Renforcer les systèmes de santé pour soutenir l’allaitement maternel n’est pas seulement une priorité sanitaire, il s’agit aussi d’un impératif moral et économique », selon l’OMS et l’UNICEF qui restent déterminés à aider les pays à mettre en place des systèmes de santé résilients qui ne laissent ni mère ni enfant de côté.
Marie-Louise Félicité BIDIAS
Encadré : Les bienfaits de l’allaitement maternel
Le lait maternel est le premier aliment pour les nourrissons. Selon l’OMS, il fournit toutes les calories et les nutriments dont l’enfant a besoin pendant les six premiers mois de la vie. Il continue de couvrir la moitié ou plus des besoins nutritionnels jusqu’à l’âge d’un an. Il peut ensuite répondre au tier de ses besoins pendant la deuxième année.
L’allaitement favorise le développement sensoriel et cognitif et protège le nourrisson contre les maladies infectieuses et chroniques. L’allaitement maternel exclusif diminue la mortalité infantile imputable aux maladies courantes de l’enfance, comme les diarrhées ou les pneumonies et il accélère la guérison en cas de maladie.
Pour la mère, l’allaitement contribue à la santé et au bien-être de plusieurs façon. Il aide à espacer les naissances et réduit le risque de cancer. De plus, en raison de sa gratuité, il augmente les ressources de la famille et du pays. C’est le moyen sûr et écologique d’alimenter un enfant.