Administrateurs fiscaux, décideurs et chercheurs africains ont appelé à un recours accru à des éléments probants produits localement ; pour améliorer la mobilisation des ressources intérieures et répondre aux besoins croissants de financement du développement du continent. L’appel a été lancé à l’ouverture du 11e Congrès annuel de l’African Tax Research Network (ATRN), tenu au Kigali Convention Centre du 22 au 24 septembre 2026, sur le thème : « Enjeux contemporains de la fiscalité en Afrique ».
Le congrès se concentre sur les enjeux clés qui façonnent le paysage fiscal africain, notamment l’intelligence artificielle et la numérisation, les dépenses fiscales, le genre et la fiscalité, la fiscalité liée au climat, l’économie informelle, la morale fiscale, l’accès aux microdonnées et l’engagement de l’Afrique dans les négociations en vue d’une Convention-cadre des Nations unies sur la coopération fiscale internationale.
Emeka Nwankwo, responsable de la fiscalité nationale et du renforcement des capacités de l’ATAF, a déclaré que l’ATRN joue un rôle important pour garantir que les décisions en matière de politique fiscale et d’administration fiscale à travers l’Afrique s’appuient sur des recherches reflétant les réalités du continent. « L’Afrique ne peut pas mettre en place des systèmes fiscaux efficaces en s’appuyant uniquement sur des données et des recommandations politiques qui ne reflètent pas les réalités du continent. Grâce à l’ATRN, nous renforçons les liens entre les chercheurs, les décideurs politiques et les administrations fiscales afin que des données contextuelles puissent éclairer les solutions africaines. Ce congrès offre un espace important permettant à la recherche de dépasser le cadre des discussions académiques et de contribuer directement aux réformes dont nos pays ont besoin », a-t-il poursuivi.
Créé en 2013, l’ATRN est devenu un réseau multidisciplinaire reliant les chercheurs, les responsables et les décideurs politiques africains dans le domaine fiscal. Son congrès annuel offre une plateforme permettant de présenter les nouvelles recherches, de renforcer les capacités de recherche, de favoriser la collaboration et d’élargir la contribution de l’Afrique aux débats fiscaux continentaux et internationaux.
L’intérêt croissant pour ce réseau se reflète dans les quelque 190 articles de recherche soumis pour le congrès de cette année, qui couvrent un large éventail de questions touchant aux systèmes fiscaux africains.
Pour la Professeure Annet Oguttu, présidente du comité consultatif de l’ATRN, la croissance du réseau témoigne d’une demande croissante pour des recherches fiscales africaines crédibles et pertinentes sur le plan politique. « Ce qui a commencé comme une initiative visant à renforcer les liens entre les chercheurs africains et les administrations fiscales s’est transformé en un réseau de recherche continental bien établi. Les quelque 190 articles soumis pour le congrès de cette année, soit quatre fois plus qu’en 2022, ainsi que l’indexation de l’African Multidisciplinary Tax Journal (AMTJ) dans Scopus, constituent des preuves convaincantes de la croissance du réseau, de la profondeur croissante de la recherche fiscale africaine et de l’engagement des chercheurs à produire des données qui répondent aux priorités fiscales en constante évolution du continent », a-t-elle encore déclaré.
Au-delà de la présentation des travaux de recherche, le congrès facilite les échanges entre ceux qui produisent des données factuelles et ceux qui sont chargés de les traduire en politiques et en mesures administratives. Il offre également aux chercheurs émergents l’occasion d’échanger avec des universitaires confirmés et des professionnels de la fiscalité, contribuant ainsi au développement de la prochaine génération de chercheurs africains en fiscalité.
Le commissaire général de l’Administration fiscale rwandaise, Ronald Niwenshuti, a souligné l’importance des données factuelles et de l’innovation pour faire face aux changements affectant les administrations fiscales. Pour lui : « L’organisation du congrès de l’ATRN nous offre l’occasion de contribuer à un échange continental de connaissances tout en tirant les enseignements des expériences et des recherches d’autres pays. À l’heure où les administrations fiscales doivent s’adapter à des changements économiques et technologiques rapides, une recherche crédible est essentielle pour concevoir des politiques et des systèmes efficaces, réactifs et adaptés à nos réalités nationales et continentales ».
Par le biais de l’ATRN, l’ATAF et ses partenaires continuent de renforcer les liens entre la recherche, les politiques publiques et la pratique, tout en encourageant une participation accrue de l’Afrique à l’élaboration de l’agenda fiscal du continent et en contribuant aux débats internationaux sur la fiscalité.
#ATRN2026
Marie-Louise Félicité BIDIAS