Le rapport annuel de la Banque mondiale sur l’Évaluation des politiques et des institutions (CPIA) en Afrique, publié en juillet 2025, fait état d’une note moyenne stable. Il met aussi en lumière l’urgence pour les gouvernements africains d’améliorer la fourniture des services essentiels afin de promouvoir une croissance inclusive et durable.
‘’Politiques pour une meilleure prestation de service’’, ainsi s’intitule le récent rapport annuel de la Banque mondiale sur l’Évaluation des politiques et des institutions (CPIA) en Afrique. Il met en relief la qualité des réformes politiques et institutionnelles dans les pays d’Afrique subsaharienne bénéficiaires de l’aide de l’IDA pour l’année civile 2024. Il indique que la note moyenne de la région est restée similaire à celle de l’année 2023, soit 3,1 points (sur 6). La forte dynamique de réformes dans certains domaines a été contrebalancée par les mauvaises performances enregistrées dans la gouvernance, tandis que les améliorations sont concentrées dans les pays affichant déjà de bons résultats.
« Pour que se crée un sentiment de but commun et pour renforcer la confiance, il est crucial que les citoyens croient dans la capacité du gouvernement à transformer efficacement les ressources publiques en services essentiels, affirme Andrew Dabalen, économiste en chef de la Banque mondiale pour l’Afrique. Il est clair que les populations de toute l’Afrique attendent de leurs dirigeants qu’ils se mobilisent davantage pour leur permettre de réaliser leurs aspirations. Notre rapport CPIA pour l’Afrique souligne le besoin urgent d’une gestion transparente des ressources publiques et de services efficaces et de qualité pour répondre à une insatisfaction croissante et permettre aux citoyens de donner la pleine mesure de leur potentiel. »
Ce rapport met en lumière les principales tendances politiques observées en Afrique subsaharienne en 2024 qui ont contribué à soutenir l’efficacité des services publics. Il s’inscrit dans le prolongement de l’Évaluation annuelle des politiques et des institutions nationales de la Banque mondiale pour les pays éligibles à l’aide de l’Association internationale de développement (IDA). Le rapport met en évidence les principales tendances et les meilleures pratiques afin d’orienter les décideurs politiques et les investisseurs internationaux sur l’évolution des politiques dans la région. L’évaluation repose sur les connaissances et le suivi combinés d’experts de la Banque mondiale. Les équipes locales de chaque pays soumettent des recommandations de notation conformément à leur engagement continu auprès des gouvernements de la région et au suivi des progrès réalisés dans chaque pays en matière de développement. Ces recommandations sont ensuite examinées par les équipes mondiales et la direction à travers un processus rigoureux de révision en plusieurs étapes.
Les gouvernements doivent renforcer le contrat fiscal qui les lie à leurs citoyens en favorisant une gestion équitable et transparente des ressources publiques. Dans ce contexte, pour accroître la volonté des citoyens de payer des impôts, il est essentiel d’améliorer la perception qu’ont les citoyens de la manière dont les fonds sont collectés et les ressources utilisées en établissant un lien clair entre un système fiscal élargi et équitable et la qualité des services publics. Les gouvernements doivent collecter les impôts de manière plus efficace et utiliser ces ressources pour fournir une gamme étendue de services publics, contribuant ainsi au bien-être des citoyens africains. L’élargissement de l’assiette fiscale et le renforcement du respect de la législation fiscale sont essentiels.
Des avancées certes
Cependant, ces avancées ne seront disponibles que si les contribuables ont confiance dans la capacité de l’État à convertir efficacement ces ressources en services publics.
« Si certains pays ont fait des progrès louables en ce qui concerne la prudence budgétaire et la transformation numérique, les problèmes liés à la mauvaise gouvernance, au manque de transparence et à l’insuffisance de capacités de mise en œuvre continuent de saper les efforts déployés pour fournir les services essentiels. La croissance économique seule ne suffit pas pour relever ces défis fondamentaux ; il faut montrer aux populations que les gouvernements peuvent agir à leur service, en aidant à tracer un chemin vers un avenir meilleur »
ajoute Nicholas Woolley, auteur principal du rapport CPIA. Dans une certaine mesure, les limites observées dans de la prestation de services publics reflètent les faiblesses plus générales du développement dans un pays. Les corrélations entre divers indicateurs de services publics et le produit intérieur brut (PIB) sont fortes, et les budgets publics traduisent en grande partie la capacité globale de dépense d’un pays. Toutefois, à un niveau de revenu donné, certaines solutions peuvent s’avérer particulièrement rentables, et les pays peuvent partager des approches novatrices permettant de combler les déficits de financement. Les décideurs politiques disposent d’un éventail croissant de solutions politiques fondées sur des données probantes, en favorisant l’apprentissage et la diffusion de bonnes pratiques dans la région.
Source : Banque Mondiale