Environnement

Restauration des forêts en Afrique : Des actions fortes pour renforcer la résilience climatique

Les forêts africaines renferment une riche biodiversité, leur déforestation et leur dégradation demeurent des défis urgents qui compromettent l’action climatique et la croissance économique des états africains.

Les forêts restent le meilleur allié naturel de l’Afrique dans la lutte contre le changement climatique, a affirmé Mohammed Nurudeen Iddrisu, Directeur du commerce et de l’industrie à  l’Organisation internationale des bois tropicaux (OIBT) , lors de son discours liminaire prononcé à la 9e Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l’Afrique (TICAD 9), le 20 août 2025.  La forte déforestation fait perdre à l’Afrique 3,9 millions d’hectares chaque année. Elle est provoquée par plusieurs facteurs dont l’exploitation forestière industrielle, le défrichement pour le charbon de bois et le bois de chauffe, l’expansion urbaine, les grands projets d’infrastructure et l’exploitation minière. Le taux de déforestation dans le bassin du Congo en Afrique a doublé au cours des 25 dernières années, jusqu’à 90 % de la forêt tropicale côtière de l’Afrique de l’Ouest ayant déjà été abattue. Pourtant, le bassin du Congo est le deuxième plus grand biome forestier tropical au monde. Il couvre une superficie de 301 millions d’hectares répartis sur six pays.

Pourtant, il est possible en Afrique aujourd’hui  de renforcer les engagements pris en faveur du développement durable en adoptant les pratiques de Gestion durable des forêts (GDF) que promeut l’Organisation internationale des bois tropicaux (OIBT). Au Bénin, l’OIBT a contribué à préserver des forêts sacrées importantes sur le plan écologique et culturel dans plusieurs régions du sud du pays. Le projet a permis de reboiser 68,5 hectares de zones tampons autour des forêts sacrées, d’approuver des plans de gestion forestière élaborés dans le cadre d’un processus participatif et de créer des comités locaux chargés de superviser la conservation. En Côte d’Ivoire, un projet de l’OIBT a ainsi collaboré avec des associations locales de femmes pour restaurer une surface de 100 hectares dans la forêt classée d’Ahua afin d’assurer un approvisionnement constant en bois pour la production de charbon de bois.

Ces travaux ont permis d’améliorer le niveau de vie de la communauté locale, de mettre l’accent sur l’importance de la conservation des forêts et de concilier besoins économiques à court terme et priorités de plus long terme en matière de reconstitution et de gestion des forêts. Les recherches menées par l’OIBT ont abouti à l’élaboration d’un projet de renforcement des capacités en matière de formation à la GDF ciblant le personnel forestier des cinq pays du bassin du Congo. Suite à une étude préliminaire qui a conclu à une pénurie de ressources humaines possédant les qualifications nécessaires pour assurer la GDF, un réseau de 26 établissements de formation forestière et environnementale en Afrique centrale a collaboré, dans le cadre d’un projet de l’OIBT, à un programme de formation visant à doter les étudiants des compétences, connaissances et qualifications nécessaires pour mettre en œuvre la GDF dans les concessions forestières. En Ethiopie, l’initiative Green Legacy Initiative (Initiative pour le patrimoine vert), prévoit la plantation de 20 milliards de jeunes arbres en l’espace de quatre ans dans le but de reverdir les paysages, d’améliorer la sécurité alimentaire et de contribuer au développement économique.

Marie-Louise Félicité BIDIAS

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