Environnement

Changements climatiques en Afrique :  Un paradigme économique s’avère urgent

L’Afrique est l’un des continents qui subit de pleins fouets, les changements climatiques. À ce jour, son modèle de développement n’a pas permis de réaliser de progrès notables en termes d’atteinte des objectifs de développement durable, un changement de paradigme économique s’avère urgent pour renverser la balance.

Les 55 pays les plus vulnérables aux changements climatiques, dont un bon nombre se trouvent en Afrique, ont subi des pertes dépassant les 500  milliards de dollars au cours des 20  dernières années. Déjà dès 2022, les pays africains ont enregistré près de 9 milliards de dollars de pertes dues aux dommages associés aux changements climatiques, et ont en outre consacré entre 5 et 15  % de leur PIB par habitant aux efforts de relèvement. La treizième Conférence sur le changement climatique et le développement en Afrique (CCDA-XIII) de septembre 2025, à Addis-Abeba a été un appel à une action urgente et à des investissements accrus pour faire progresser l’agenda climatique de l’Afrique. Ainsi, six domaines prioritaires ont été proposés pour guider la réponse climatique de l’Afrique.

L’adaptation doit être au cœur de l’action climatique mondiale. L’Afrique ne peut pas assumer seule un déficit d’adaptation de 160 milliards de dollars des États-Unis. Le Fonds pour les pertes et dommages doit être rendu opérationnel sans délai, à des conditions équitables et accessibles. De même, l’Afrique doit combler les lacunes en matière de connaissances climatiques grâce à des systèmes d’alerte précoce, en alliant la sagesse autochtone aux technologies modernes et en renforçant l’interface science-politique. Le financement de l’Afrique ne doit pas rester prisonnier de la dépendance à l’aide. La réforme du système financier mondial est essentielle pour réduire les coûts d’emprunt injustes, restructurer la dette et développer des outils innovants tels que les obligations vertes et les conversions dettes en actions climatiques.

La transition énergétique de l’Afrique doit être verte et juste. Avec plus de 600 millions de personnes toujours privées d’électricité, l’accès à l’électricité doit être élargi tout en poursuivant une croissance durable. Les écosystèmes africains sont des ressources vitales pour la planète, dont la protection nécessite une juste valorisation et des investissements internationaux accrus. L’Afrique n’attend pas qu’on agisse. Le continent exploite ses ressources, propose des solutions et prend l’initiative de façonner l’agenda climatique mondial.

« Les pays riches doivent accorder à l’Afrique une réduction de sa dette en faveur du climat. Pour harmoniser le niveau et la nature de la dette, une réduction de la dette est proposée, en commençant par les pays les plus vulnérables. La dette sera réduite en l’associant à des conditions de réduction de l’incidence des changements climatiques et en mobilisant les pays bénéficiaires dans la transition vers la durabilité », précise aussi le rapport sur L’impact des changements climatiques sur l’Afrique : Un changement de paradigme économique s’avère urgent, de la Commissions économique pour l’Afrique des Nations-Unies.

Marie-Louise Félicité BIDIAS

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