Économie

CEDEAO/68ème  Session Ordinaire de la Conférence des Chefs d’Etats et de Gouvernement : Les réformes économiques sont à poursuivre…

La 68ème Session ordinaire de la Conférence des Chefs d’État et de Gouvernement de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) s’est tenue le 14 décembre 2025 à Abuja, en République fédérale du Nigéria, sous la présidence de S.E. Julius Maada Bio, Président de la République de Sierra Leone et Président en exercice de la Conférence. Entre autres questions à l’ordre du jour, ladite session a fait état des performances économiques et de la mise en œuvre des programmes d’intégration régionale.

Sur les performances économiques et la mise en œuvre des programmes d’intégration régionale ont été passés au peigne fin au cours de la 68ème Session ordinaire  de la Conférence des Chefs d’État et de Gouvernement de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Concernant les performances économiques, dans le souci de consolider ces acquis, la Conférence a appelé les États membres à poursuivre la mise en œuvre des réformes économiques, à intensifier la mobilisation des ressources nationales et à renforcer l’efficacité et la qualité des dépenses publiques.

Intégration monétaire

Dans le domaine de l’intégration monétaire, la Conférence a exprimé ses préoccupations concernant les performances des États membres en matière de convergence macroéconomique, à moins de deux ans du lancement de l’ECO ;  et concernant les retards accusés dans la mise en œuvre de certaines activités de la Feuille de route pour le lancement de l’ECO. Elle invite, les États membres à mettre en œuvre des politiques économiques appropriées leur permettant de satisfaire aux critères de convergence macroéconomique et de parvenir à un consensus sur les arrangements institutionnels sensibles, nécessaires au lancement de l’ECO. A ce titre, la Commission est chargée de réactiver la Task Force présidentielle sur le Programme de monnaie unique de la CEDEAO, afin de faciliter la recherche d’un consensus sur les questions sensibles et/ou urgentes. La Conférence a également pris note de l’adoption par le Conseil de la Directive établissant le cadre de la comptabilité publique dans l’espace CEDEAO.  Elle a instruit la Commission d’aider les États membres à l’intégrer dans leurs législations nationales au plus tard le 31 décembre 2029.

Libre circulation des personnes

À ce jour, seuls sept États membres ont déployé la carte nationale d’identité biométrique de la CEDEAO (ENBIC), ce qui souligne également la nécessité d’une participation plus large. La Conférence exhorte les autres États membres à accélérer le déploiement conformément aux engagements régionaux, afin que les avantages collectifs d’une sécurité accrue, d’une mobilité transfrontalière sans heurts et d’une coopération régionale renforcée puissent être pleinement réalisés dans toute la Communauté.

Système de Libéralisation des Échanges de la CEDEAO (SLEC)

Les Commissions de la CEDEAO et de l’UEMOA sont chargées d’harmoniser les règles d’origine en vigueur dans la région afin de renforcer la libre circulation des marchandises communautaires et de promouvoir l’intégration régionale. Concernant l’imposition de la « taxe de solidarité communautaire » sur les marchandises originaires d’États membres non-membres de l’UEMOA-CEDEAO exportées vers d’autres États membres de la CEDEAO appartenant à l’UEMOA, la Conférence charge le Président de la Commission de collaborer avec la Commission de l’UEMOA en vue de résoudre la situation.

Accord sur la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf)

La Conférence exhorte tous les États membres à accélérer la mise en œuvre de l’accord sur la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) en renforçant les structures institutionnelles pertinentes et en mettant en œuvre les stratégies régionales et nationales relatives à la ZLECAf. Elle invite, en outre, la Commission de la CEDEAO à continuer de soutenir les États membres et de coordonner les positions régionales.

Système d’échange d’énergie électrique de l’Afrique de l’Ouest (WAPP)

La Conférence a pris note de la synchronisation historique des réseaux électriques des 15 pays d’Afrique de l’Ouest par le WAPP, allant de la Mauritanie au Nigeria, le 8 novembre 2025. Elle a toutefois exprimé ses préoccupations concernant les défauts de paiement persistants qui affectent le fonctionnement du WAPP. Ces défauts de paiement ont entraîné des taux de recouvrement historiquement bas et menacent désormais la capacité du WAPP à s’acquitter de ses obligations essentielles. Cette pression financière compromet également des initiatives stratégiques majeures, telles que le lancement du marché régional de l’électricité et la synchronisation complète des réseaux électriques en Afrique de l’Ouest. La Conférence a donc exhorté les États membres à veiller au paiement en temps opportun de leurs contributions au WAPP afin d’assurer la pérennité de ses activités, compte tenu de son importance stratégique pour le développement économique régional.

M-L BIDIAS

Source : Communiqué final 68ème Session ordinaire de la Conférence des Chefs d’État et de Gouvernement de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO)

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