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Capital du Bénin : Démultiplier les grandes entreprises pour accélérer le développement

L’importance du capital des entreprises n’est plus à démontrer. Il englobe les formes qui contribuent à stimuler la productivité du secteur privé. Selon le rapport sur les PEA 2025 de la Banque africaine de développement (BAD), le Bénin a besoin d’un nombre important de grandes entreprises pour accélérer la participation du secteur privé au développement.

’En 2024, au Bénin, le secteur privé contribuait à près de 90% des emplois, produisait 78% du PIB et recevait 82% des investissements. En raison d’une prédominance de petites entreprises qui évoluent dans le secteur informel (85,9% en 2023), le capital des entreprises reste largement peu mobilisé. Le pays a besoin d’un nombre important de grandes entreprises pour accélérer la participation du secteur privé au développement’’. Tel est le constat fait  par le rapport du Groupe de la Banque africaine de Développement, 2025, intitulé : ‘’Tirer le meilleur parti du capital du Bénin pour favoriser son développement’’. Ainsi, sur la période 2000-2023, l’investissement privé s’est élevé en moyenne à 27,8% du PIB contre 14,8 % du PIB pour la moyenne africaine. Toutefois, le capital des entreprises reste très fragmenté, avec un petit nombre d’entreprises de moyenne taille (2%) et une prédominance de très petites entreprises, soit 98%.’’

Selon les données du rapport pays, le Bénin comptait 252.155 entreprises en 2023, soit 2.000 entreprises pour 100.000 habitants, surclassant la moyenne africaine de 203 entreprises pour 100.000 habitants. Cependant, les grandes entreprises ne représentent que 0,4%, et 85,9% des entreprises sont informelles. Avec une contribution de 65% au PIB, l’informalité reste la caractéristique du paysage des entreprises. La persistance de l’informalité s’explique par un environnement des affaires difficile, marqué par des coûts de production élevés et un accès limité au financement.

Défis et opportunités

L’accès limité à un financement à long terme abordable et les difficultés d’accès au marché boursier freinent le développement des entreprises. S’ajoutent à cela une offre insuffisante de services financiers adaptés et des taux d’intérêt élevés. ‘’Malgré les progrès réalisés en matière d’infrastructures, des déficits subsistent. Ils entrainent une faible connectivité des transports et des TIC, ainsi qu’un coût élevé de l’électricité (0,16 US$/kWh en 2024). De plus, la rareté de la main-d’œuvre qualifiée constitue un obstacle considérable au renforcement du capital des entreprises’’.

Pour y remédier, le Bénin pourrait s’appuyer sur la numérisation afin d’alléger les contraintes réglementaires et de simplifier la conformité. Des politiques ciblées en faveur des secteurs à fort potentiel, la promotion du contenu local et l’émergence de champions nationaux capables de structurer l’agrégation sectorielle représentent des leviers prometteurs. ‘’Le soutien public devrait s’inscrire dans un cadre de politique industrielle cohérent, facilitant l’intégration des PME dans les chaînes de valeur. Par ailleurs, des mécanismes améliorant leur accès à la commande publique pourraient accélérer le développement de leur capital productif’’.

Marie-Louise Félicité BIDIAS

Source : ‘’Tirer le meilleur parti du capital du Bénin pour favoriser son développement’’ (Rapport pays, Groupe de la Banque africaine de Développement, 2025)

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