Le diabète constitue aujourd’hui un problème de santé publique majeur. L’ampleur de l’épidémie amène au besoin urgent d’une action mondiale plus forte pour faire face à la fois à l’augmentation des taux de maladie et à l’élargissement des écarts de traitement, en particulier dans les pays à revenu intermédiaire comme le Bénin.
En mai 2022, l’Assemblée mondiale de la Santé a approuvé cinq objectifs mondiaux de couverture du diabète à atteindre d’ici à 2030. L’un de ces objectifs est de faire en sorte que 80 % des personnes chez qui un diabète a été diagnostiqué parviennent à un bon contrôle de la glycémie. En 2021, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a publié le Pacte mondial contre le diabète, une initiative mondiale visant à améliorer durablement la prévention et la prise en charge du diabète, en mettant particulièrement l’accent sur le soutien aux pays à revenu faible ou intermédiaire. Au cours de la même année 2021, l’Assemblée mondiale de la Santé a adopté une résolution sur le renforcement de la prévention et de la maîtrise du diabète.
Seules 46 % des personnes diabétiques dans la Région africaine connaissent leur statut. Ceci augmente le risque de maladie grave et de décès et aggrave la situation dans la Région qui affiche déjà les taux de mortalité dus à la maladie les plus élevés. Au Bénin aussi, les chiffres sont alarmants. L’Atlas du diabète de la Fédération Internationale du Diabète (FID) sur le pays, précisent qu’en 2024, environ 466 800 personnes adultes entre 20 et 79 ans sont atteintes de diabète et que la prévalence standardisée selon l’âge est de 8,1%. La proportion de diabétiques non diagnostiqués est de 89,8% cas, soit environ 419 200 personnes. Environ 4001 personnes sont atteintes de diabète de type 1 (tous âges). Les dépenses totales de santé liées au diabète sont environ de 60,8 millions USD en 2024, avec un coût moyen de 130 USD par personne diabétique et par an. Le diabète peut entraîner une cécité, une insuffisance rénale, un infarctus du myocarde, un accident vasculaire cérébral et une amputation des membres inférieurs.
Les signes
Le diabète est une maladie chronique qui se déclare lorsque le pancréas ne produit pas suffisamment d’insuline ou lorsque l’organisme n’est pas capable d’utiliser efficacement l’insuline qu’il produit. L’insuline est une hormone qui régule la glycémie. Le diabète de type 1 (autrefois appelé diabète insulinodépendant ou juvénile) se caractérise par une production insuffisante d’insuline, laquelle doit être administrée quotidiennement. Le diabète de type 2 modifie la façon dont l’organisme utilise le glucose comme source d’énergie. L’organisme est incapable d’utiliser correctement l’insuline, ce qui peut entraîner une hyperglycémie en l’absence de traitement. Il peut causer de graves lésions, en particulier des nerfs et des vaisseaux sanguins. Il est important de poser le diagnostic précocement pour éviter les pires effets du diabète de type 2.
La prévention
« Alors que les pays font face à plusieurs obstacles pour s’attaquer au diabète, la hausse de la prévalence de la maladie est un rappel de la nécessité de renforcer les soins de santé, d’améliorer le diagnostic et l’accès à des médicaments qui sauvent des vies, ainsi que de donner la priorité au diabète en tant que défi majeur pour la santé »
a déclaré Dre Matshidiso Moeti, Directrice régionale de l’OMS pour l’Afrique. Au Bénin, la fréquence de personnes sous traitement antidiabétique est plus de 10 fois inférieure à la prévalence des sujets atteints de diabète. La population dans son ensemble est caractérisée par une grande méconnaissance de ce facteur de risque. Des centaines de personnes à ce jour, n’ont jamais pris la peine de se faire mesurer leur niveau de glycémie. Une population vieillissante, une urbanisation accélérée, les changements dans les habitudes alimentaires et une activité physique plus réduite sont les facteurs qui expliquent l’évolution du diabète notamment de type2. En effet, de saines habitudes de vie peuvent vraiment prévenir ou retarder les complications du diabète. Il urge donc d’éduquer la population à adopter une éducation nutritionnelle saine. De même à améliorer leur hygiène de vie en prônant une activité physique régulière, une alimentation équilibrée réduite en graisses et en sucres et à la réduction pondérale.
Marie-Louise Félicité BIDIAS