Haut de 10 mètres (dont 7 mètres hors socle), large de 3 mètres, pesant 13 tonnes, le Monument Bio Guéra est une structure en acier qui repose sur un massif béton armé, en fonte (cuivre T3), d’une épaisseur de 5mm, qui attire aussi de nombreux touristes. Erigé en la mémoire du Prince Wasangari Gbaasi N’Guera, le Monument est le symbole de la liberté et de la dignité africaine, de part le parcours de son héros.
Le monument Bio Guéra qui se dresse sur le rond-point de l’Aéroport international Cardinal Bernardin Gantin de Cadjehoun (AICBG), révèle aux visiteurs, le symbole d’attachement du peuple béninois à la défense des causes nobles, de sa liberté et de sa souveraineté. Et surtout exorte à cultiver des valeurs tels que : la témérité, le courage, la dignité et l’intégrité.
Bio Guéra, qui est né en 1856, fut un résistant et une figure de la rébellion, aux côtés des peuples Wasangari, Boowo, Peul et Baatonnu de l’ancien territoire du Baru- tem. Ce cultivateur, chasseur et marchand, a été éduqué à monter à cheval et à manier l’arc et les flèches. Il a vécu à Gbasi -Nord-Ouest de Niki – lorsqu’éclata la guerre de résistance des Baatombu à la pénétration française. Bio Guéra a lutté contre les privations de liberté, l’impôt de capitation, la conscription, le travail forcé, l’oppression coloniale. Il a porté secours aux populations du village de Gbéku contre les exactions des Wasangari de Buanri au Sud, Gberudaba et Bouka à l’Est.
Il a participé activement en août 1897 à la guerre dirigée par Saka Yerima et a, plusieurs fois, mis en échec des expéditions l’armée coloniale. Il a organisé le siège de Bembéréké puis, avec ses troupes, transféré la guerre à Baura au Nord de Bembéréké. Après presque une année de combat à Baura, traqué, il tomba sous les balles assassines de l’envahisseur colonial, le 17 décembre 1916. Il a été distingué « héros national » en 1975. Bio Guéra était un prince Wasangari Gbaasi N’Guera, de la dynastie de Mako- Gbasi. Il est issu Sabi Yerima, son père et de Yͻn Gͻn, sa mère (elle a vécu à Sua Balé au Nigeria).
Marie-Louise Félicité BIDIAS